22/05/2007

un peu d'histoire ...

Avant de continuer notre aventure, j'en profite pour vous glisser un peu d'histoire sur les minorités de la région que nous traversons. Je précise néanmoins que ces textes sont le fruit d'une recherche sur le net et dont je ne suis pas l'auteur. Si l'un d'entre vous se reconnaît et ne souhaite pas que cela soit publié sur ce blog, faites le moi savoir. Je respecterai votre volonté.
 

La population de la province de Lào Cai est constituée par une véritable mosaïque ethnique. Sur une surface réduite, on peut y rencontrer une extraordinaire variété de peuples, certains uniques au Vietnam.

Les 7 groupes ethniques les plus nombreux dans la province de Lào Cai représentent plus de 90% du total de la population. On rencontre les groupes suivants : les Kinh (Vietnamiens proprement dit) 35%, les Hmong 22%, les Tay 14%, les Dao (Mien) 13%, les Thai 9%, les Nung 4,5% et les Giay 4,3%. Les autres ethnies : Phula, Hani, Latis, Tu Di, Pin Tao, Tu Lao, Pa Di, Sapho, Lolo, Xa Mang ne sont parfois représentées que par quelques villages et quelques centaines d’individus.

 

Les Hmong

Les Hmong, appelés depuis plusieurs siècles "Miao" en Chine, étaient autrefois connus sous le terme "Méo" en Asie du Sud-Est. Environ trois millions, ils sont dispersés sur un vaste territoire depuis le sud-ouest de la Chine (2 millions) jusqu’au nord du Vietnam (600 000), le Laos (environ 250 000), la Thaïlande (150 000) et le Myanmar (ex-Birmanie) (environ 30 000).

Les principaux sous-groupes présents au Vietnam sont les Hmong Blanc, les Hmong Leng, les Hmong Pua, les Hmong Shi ou Sheu et les Hmong Noir. A SaPa, les Hmong Leng sont les plus nombreux, certaines femmes Hmong Sheu et Hmong Pé – avec les jupes colorées et les corsages croisés - viennent du district de Muong Khuong.

A l’origine, les populations Hmong de Chine occupaient de larges plaines au sud du fleuve Yang Tse Kiang. Dès le XVIème siècle, ils ont commencé à migrer vers le sud-est sous la pression démographique, territoriale et politique des Chinois. Au cours de la première moitié du XIXème siècle, les Hmong quittèrent le territoire chinois pour s’installer dans les pays voisins. A cette époque, la grande révolte des Taiping (1850-1872) troubla toute la Chine méridionale (provinces du Guizhou, du Yunnan et du Sichuan) avec pour conséquence de longues famines qui poussèrent de nombreux groupes ethniques à migrer vers le sud. Les Hmong pénétrèrent alors la péninsule indochinoise par le nord du Vietnam où leur présence est attestée près de Lai Chau en 1848. Ces migrations, par vagues successives, furent certainement facilitées par la tradition d’agriculture itinérante des Hmong et par les contacts étroits qu’ils entretenaient avec les caravaniers chinois qui sillonnaient les montagnes d’Asie méridionale depuis plusieurs siècles.

L'économie agraire traditionnelle est aujourd’hui encore basée sur l'élevage familial (porcs, volailles, buffles, chevaux), les cultures vivrières (riz, maïs, manioc) et les cultures commerciales (cardamome et légumes).

L'organisation sociale traditionnelle des Hmong repose sur le clan. Chaque clan est composé de lignages dont l'ensemble des membres se reconnaissent un ancêtre fondateur mâle en commun. La maisonnée hmong, pouvant regrouper sous le même toit jusqu’à quatre générations, est l'unité économique, politique et rituelle la plus importante. Les villages, installés sur les versants montagneux, accueillent plusieurs clans.

Vous les reconnaîtrez à leur costume. Les Hmong Leng de Sa Paqui ne s’appellent pas eux-mêmes Hmong Noir - portent encore des vêtements en chanvre teints à l’indigo naturel (bleu noir). Les femmes couvrent leurs chignons avec un turban rigide bleu-indigo. Actuellement, elles ne portent presque plus la jupe plissée en batik et broderie, mais un pantalon court de couleur indigo. Seuls le col, les manches et la ceinture sont brodés de motifs géométriques avec des fils de soie.

Cette minorité se divise en plusieurs sous-groupes : les Hmong noir, blanc, rouge, vert et Fleur

hmong black black hmong

hmong fleur hmong rouge

Les Dao

Les Dao-Mien sont installés au Vietnam depuis deux à trois siècles selon les régions. L’une des particularités culturelles des Dao est qu’ils possèdent une écriture traditionnelle en caractère chinois. Grâce à leurs textes conservés, nous pouvons retrouver leurs origines dans les provinces du Sud chinois. Les textes sont également le support de leur religion taoïste. Comme les Hmong, autour de Sa Pa, les Dao construisent des rizières en terrasse irriguées par de savants canaux. Ils sont aussi réputés pour l’élevage des cochons et des chevaux.

Les différents groupes Dao de la province de Lao Cai portent généralement des coiffes ou éléments de costume de couleur rouge. Les Dao (Ké Mien) des villages de Taphin et Tavan (district de Sa Pa) ont des coiffes aplaties totalement rouges avec pièces d’argent. Les coiffes des Dao (Ké Mien) du district de Muong Hum (au nord de Sa Pa) sont de forme conique en tissu à fleurs rouges. Les Dao de Bac Ha (Ké Moun) agrémentent leur turban de fils de soie et laine rouge et rose. Les Dao (Iu Mien) du district de Van Banau sud de Sa Pacomposent leur coiffe de pompons rouges et jaunes, elle descend bas dans le dos.

Les femmes dao arborent des costumes sophistiqués, associant un tissage recherché, des perles et des pièces d’argent (la richesse d’une femme se calcule, dit-on, au poids des pièces qu’elle porte). Leurs longs cheveux sont noués dans un grand turban rouge ou brodé.

L'homme porte traditionnellement les cheveux longs noués en chignon sur la nuque mais depuis quelques années, il porte les cheveux courts. Il est vêtu d'un pantalon, d'une veste et d'une chemisette. Le costume de la femme est orné de décorations traditionnelles. La femme Dao porte ses cheveux très longs

Les rizières en escalier sont installées par les populations Hmong et Dao sur des versants qui bénéficient d’une source d’eau suffisante pour maintenir l’irrigation du riz durant toute la saison de végétation. Leur construction et leur entretient nécessitent un travail énorme et, en l’absence de tout instrument, une technique ancestrale élaborée que les paysans pratiquaient déjà en Chine avant leur émigration dans la seconde partie du XIXème siècle.. La surface de terrasses à construire doit être calculée en fonction du débit d’eau disponible. Toutes les terrasses doivent être parfaitement horizontales, condition indispensable pour que toutes puissent bénéficier d’une hauteur d’eau constante avant déversement dans la terrasse inférieure.

viet_femme_daodao blanc

dao rouge

19:04 Écrit par yangly dans SAPA | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : ethnies, lao cai, sapa, hmong, dao |  Facebook |